De violents affrontements ont éclaté jeudi 23 octobre 2025 à Nyangezi, dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu), opposant les rebelles de l’AFC-M23 aux forces d’autodéfense Wazalendo. Ces combats ont semé la panique dans la région, provoquant un exode massif des populations et un lourd bilan humain encore provisoire.
Une zone en feu
Depuis mercredi 22 octobre, la tension est montée d’un cran à Nyangezi. Ce village autrefois calme s’est transformé en champ de bataille, alors que les échanges de tirs se sont intensifiés entre les deux groupes armés. Des rafales ont été entendues à Irhaga, Bwenda, Chiyanja et Businga, forçant les habitants à fuir dans la précipitation.
« Les balles passaient au-dessus de nos toits, on pensait que c’était la fin », raconte Jules, père de trois enfants, rencontré sur la route de Bukavu.
Les écoles, les marchés et les champs ont été désertés. L’économie locale est paralysée et la population, terrifiée, se cache dans les forêts ou cherche refuge dans les villages voisins.
L’exode et la peur permanente
Des milliers de civils, dépourvus de vivres et d’abris, errent désormais sur les routes. Plusieurs familles ont été séparées dans la panique.
« Nous avons tout laissé derrière nous, même nos malades », confie une mère de famille en pleurs.
Le bilan provisoire fait état de sept morts civils, mais les autorités locales redoutent un nombre plus élevé. Les affrontements se poursuivent par intermittence, compliquant toute intervention humanitaire.
Une crise qui s’enracine
Selon des sources sécuritaires, la recrudescence des combats illustre l’effritement de l’autorité de l’État dans la région. Les groupes armés profitent du vide sécuritaire pour renforcer leur emprise, tandis que les civils paient le prix fort de cette insécurité chronique.
Des observateurs dénoncent une situation devenue incontrôlable. « Tant que l’État n’affirme pas son autorité, ces groupes continueront à prospérer sur la peur et l’impunité », estime un analyste local.
En attendant un retour hypothétique au calme, Nyangezi vit au rythme des tirs, des fuites et des pleurs. La population espère un soutien rapide des autorités et des partenaires humanitaires pour éviter une catastrophe humanitaire imminente.
Avec LP
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