La situation de l’approvisionnement en carburant continue de susciter des préoccupations à Kinshasa. Alors que des files d’attente ont été observées ces derniers jours devant certaines stations-service, le gouvernement congolais entend renforcer les capacités de distribution et accélérer le projet de construction d’un nouveau pipeline pour sécuriser durablement l’approvisionnement de la capitale.
Lors de la 100ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 9 octobre 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a insisté sur la nécessité d’améliorer l’acheminement des produits pétroliers et de garantir une distribution régulière dans les stations-service. Selon le compte rendu relayé par Actualité.cd le 11 octobre, les difficultés observées ne traduiraient pas une pénurie générale, mais plutôt un ralentissement temporaire de l’approvisionnement, dans un contexte de forte demande.
Un approvisionnement perturbé malgré les assurances du gouvernement
Le ministère des Hydrocarbures avait déjà assuré, le 7 octobre, que les stocks disponibles à Kinshasa étaient suffisants pour couvrir les besoins de la capitale. Les autorités avaient attribué les perturbations à des contraintes logistiques, notamment aux difficultés d’acheminement des produits pétroliers et au trafic urbain, tout en annonçant des efforts supplémentaires pour réapprovisionner les stations concernées.
Malgré ces assurances, les files d’attente signalées dans certaines stations posent la question de l’efficacité du système de distribution. Pour les automobilistes, les chauffeurs de taxi et les opérateurs économiques, le temps perdu à chercher du carburant peut également se traduire par des pertes de revenus et des perturbations dans les déplacements quotidiens.
Le gouvernement veut accélérer la construction d’un pipeline
Face à ces difficultés, Judith Suminwa a demandé aux services compétents de poursuivre les mesures destinées à améliorer les capacités opérationnelles d’acheminement et de distribution des produits pétroliers.
À moyen et long terme, le gouvernement mise notamment sur la construction d’un nouveau pipeline destiné à consolider l’approvisionnement de la partie ouest du pays. Le renforcement des capacités de stockage et de distribution figure également parmi les priorités évoquées.
L’enjeu est de répondre à la croissance des besoins en carburant de Kinshasa et de réduire la vulnérabilité de la capitale face aux perturbations logistiques.
Les tarifs de transport sous surveillance
Au-delà de la disponibilité du carburant, le gouvernement entend empêcher que ces difficultés ne servent de prétexte à des majorations abusives des tarifs de transport en commun.
Une éventuelle hausse des prix du transport aurait des conséquences directes sur les ménages, les travailleurs et les petits commerçants, déjà confrontés aux dépenses quotidiennes. Toutefois, aucune augmentation générale des tarifs ne peut être déduite des seules files d’attente observées dans les stations-service.
La question reste donc celle du retour à une distribution normale et de la capacité des autorités à maintenir la stabilité des prix à la pompe comme des tarifs de transport.
Les prochaines heures seront déterminantes
Pour les usagers, l’essentiel sera de constater si les mesures annoncées permettent de réduire les files d’attente et de rétablir un accès régulier au carburant.
Le gouvernement devra également préciser le calendrier de mise en œuvre du projet de pipeline, ses modalités de financement et les délais attendus pour renforcer durablement les infrastructures d’approvisionnement.
En attendant, la situation appelle à distinguer les difficultés locales de distribution d’une pénurie généralisée, que les autorités affirment ne pas constater.
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