Une vive panique s’est emparée des passagers du navire La Manne du Ciel ce samedi 25 juillet au matin. Un coup de sang mortel d’un combattant armé, sur fond d’accusations de vol, remet en lumière la question de la sécurité à bord des transports civils entre Goma et Bukavu.
Un vol de téléphone à l’origine de la tragédie
Alors que l’embarcation effectuait sa traversée habituelle entre le Nord et le Sud-Kivu, le voyage a basculé au lever du jour. À l’origine de l’incident : la disparition du téléphone portable d’un passager civil.
Soupçonnant un combattant du M23 présent à bord, la victime a directement alerté le supérieur hiérarchique de ce dernier. Le responsable militaire a immédiatement ordonné une fouille, permettant de retrouver l’appareil dissimulé sous les vêtements du suspect.
Colère, tirs à l’aveugle et saut dans le lac
Humilié par la découverte du vol, le combattant incriminé est revenu sur les lieux une trentaine de minutes plus tard, hors de lui. Arme en poing, il a ouvert le feu à bout portant sur son supérieur ainsi que sur plusieurs passagers civils, déclenchant un mouvement de foule terrifié.
Après avoir fait feu, le tireur s’est jeté par-dessus bord dans les eaux du lac Kivu, selon des témoignages concordants recueillis sur place.
Le bilan provisoire fait état d’un mort et de trois blessés. Ces derniers ont été évacués d’urgence vers l’Hôpital général de référence de Bukavu. L’identité des victimes et leur état de santé n’ont pas encore été précisés par les services médicaux.
Enquêtes en cours : Des investigations ont été ouvertes dès la matinée par les autorités de facto de la région afin de faire toute la lumière sur ce drame et d’établir les responsabilités.
La sécurité dans les transports civils en question
Ce tragique événement suscite une vive indignation au sein de la société civile et relance le débat sur la cohabitation des armes et des civils sur les axes lacustres.
Plusieurs activistes rappellent que la réglementation maritime en République démocratique du Congo est pourtant stricte :
- Tout militaire voyageant à bord d’un navire marchand doit impérativement remettre son arme au commandant de bord ou au service de sécurité.
- Les armes doivent être déchargées et sécurisées dans un endroit sous clé durant l’ensemble de la traversée.
La non-application rigoureuse de ces consignes de sécurité continue de faire peser un danger permanent sur les milliers de passagers qui empruntent quotidiennement le lac Kivu.
Avec Okapi
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