GOMA – Ce samedi 31 janvier 2026, l’apparition de Claude Ibalanky aux côtés des leaders de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a provoqué une onde de choc dans le paysage politique congolais. Si l’ancien diplomate récuse toute adhésion formelle, sa présence au Nord-Kivu marque un tournant décisif.
Une présence qui interpelle
Longtemps considéré comme l’un des piliers diplomatiques du régime de Félix Tshisekedi, Claude Ibalanky, ancien ambassadeur itinérant et ex-coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, a été aperçu à Goma aux côtés de Corneille Nangaa et de Bertrand Bisimwa.
Pour de nombreux observateurs, cette image vaut acte de ralliement à la rébellion de l’AFC. Pourtant, lors d’un point de presse tenu ce samedi, l’intéressé a tenu à nuancer la nature de son déplacement.
> « Je n’ai pas encore rejoint l’AFC/M23. Je suis venu dans une logique de contact… je tente de mettre fin à l’hémorragie. La paix passe par le dialogue », a-t-il déclaré.
>
Les prémices d’un divorce
Cette défection, bien que nuancée par les propos de l’intéressé, n’est pas une surprise totale pour ceux qui suivaient ses récentes sorties sur les réseaux sociaux. Depuis plusieurs mois, le diplomate ne cachait plus sa frustration face à ce qu’il qualifiait de « mise à l’écart systématique ».
Ses métaphores sportives et culinaires laissaient présager une rupture imminente :
* Sur la loyauté : « Si l’on vous interdit de manger dans une maison, allez-vous mourir de faim pour prouver votre loyauté ? »
* Sur sa carrière : « Si un coach vous met au banc à vie, est-ce la fin de votre carrière ? »
Un symbole des fractures internes
Le cas Ibalanky illustre la fragilité de la cohésion au sein de la classe dirigeante congolaise. En rejoignant — même sous couvert de « médiation » — une zone contrôlée par l’AFC, il fragilise la position de Kinshasa et pose la question de la capacité de l’État à retenir ses hauts cadres.
Dans un contexte sécuritaire extrêmement volatil dans l’Est de la RDC, ce basculement politique est lourd de conséquences. Reste à savoir si cette « logique de contact » prônée par Ibalanky pourra réellement favoriser un dialogue ou si elle ne fera qu’accentuer les tensions entre le pouvoir central et les mouvements rebelles.
Avec le Potentiel
En savoir plus sur Kadiosha
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







