Le gouvernement congolais vient de franchir un nouveau cap dans la gestion de l’opposition politique. Dans un télégramme officiel daté du 1ᵉʳ décembre 2025, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo, a ordonné l’interdiction immédiate de toutes les activités du mouvement « Sauvons le Congo », plateforme étroitement associée à l’ancien président Joseph Kabila.
Selon les instructions adressées aux gouverneurs et aux services de sécurité, aucune réunion, initiative ou mobilisation liée à ce mouvement ne devra désormais être autorisée. Les autorités provinciales sont sommées d’empêcher toute manifestation ou prise de parole organisée en son nom, dans un contexte politique déjà chargé.
Une riposte gouvernementale face à une montée en puissance du mouvement
Depuis plusieurs mois, « Sauvons le Congo » multipliait des appels à la mobilisation dans plusieurs provinces, ravivant les tensions entre les partisans de Kabila et les institutions en place. Bien que Kinshasa n’ait pas détaillé les raisons profondes de cette décision, les autorités invoquent la nécessité de préserver l’ordre public et de garantir la sécurité nationale.
Cette interdiction s’inscrit dans la continuité d’une série de mesures prises récemment contre des partis et mouvements issus de la même mouvance politique. Une partie de l’opposition dénonce désormais ce qu’elle qualifie de glissement autoritaire, accusant le pouvoir d’étouffer toute voix dissidente à l’approche d’une période politique sensible.
Un mouvement né du conclave de Nairobi
Issu du conclave de Nairobi tenu en octobre, « Sauvons la République démocratique du Congo » — rapidement rebaptisé « Sauvons le Congo » — se présente comme une plateforme visant à « mettre fin à la tyrannie, restaurer la démocratie et promouvoir la réconciliation nationale ». Une déclaration ambitieuse portée par Joseph Kabila, lui-même condamné à mort par la Haute Cour militaire dans un dossier hautement contesté.
Le mouvement se positionne comme une alternative politique radicale face au régime actuel, ce qui explique en partie la fermeté du gouvernement. Pour certains analystes, cette confrontation révèle la volonté du pouvoir en place d’éviter toute reconstitution d’un appareil politique susceptible de fédérer les mécontents.
Avec LP
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