Avec plus de 8 000 cas confirmés, l’épidémie a déjà plus que doublé celle de 2018-2020. Entre insécurité, financement et sous-détection, la riposte fait face à des obstacles qui s’additionnent.
Un virus, une échelle sans précédent. L’épidémie actuelle est la 17e de l’histoire du pays. Elle a été déclarée le 15 mai 2026 et le virus en cause est le Bundibugyo. Dès le 1er août, avec 3 605 cas recensés, l’OMS la qualifiait déjà de plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée en RDC. Deux mois plus tard, le nombre de cas a plus que doublé. Pour comparaison, l’épidémie de 2018-2020 avait causé environ 3 481 cas et 2 299 décès, selon l’OMS. Le bilan actuel dépasse aujourd’hui le total de cette période. (RDC : Ebola franchit la barre des 4 000 morts +2)
Le piège de la guerre. Une grande partie des zones touchées connaît des conflits armés. L’ONU a signalé jeudi que de violents affrontements en Ituri ont entravé les opérations de riposte et déplacé plus de 5 000 personnes. Les déplacements compliquent le suivi des contacts, étape clé pour couper les chaînes de transmission. S’y ajoute un cas de figure inédit : le M23 a annoncé des cas dans les territoires qu’il contrôle au Nord-Kivu, où les autorités congolaises n’ont pas accès. Qui y coordonne la riposte, et avec quelles données ? La question reste ouverte. (franceinfo)
Un bilan probablement sous-estimé. MSF a averti que le bilan réel pourrait être plus lourd que le chiffre officiel, à cause des difficultés de détection et de surveillance. Le taux de suivi des contacts, à 80,6 %, laisse aussi une part de cas potentiels hors du radar.
La bataille du financement. Kinshasa a présenté un plan de 180 jours chiffré à 1,2 milliard USD. Parallèlement, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a annoncé des mesures coercitives contre les partenaires qui ne justifient pas les fonds mobilisés. L’enjeu est double : lever des moyens à la hauteur de la crise, et rassurer sur leur bonne utilisation. Les détails de ces mesures n’ont pas encore été précisés.
Ce qu’il faut surveiller. D’abord, l’évolution du nombre de nouvelles provinces touchées, sept à ce jour. Ensuite, la capacité du plan à se financer vraiment. Enfin, l’accès sanitaire dans les zones sous contrôle rebelle, qui conditionne toute stratégie nationale.
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