Cardinal Ambongo cité dans le dossier de la tournée européenne du C64, une mention qui interroge

Alors que les opposants de la plateforme C64 sont attendus à Rome ce lundi 26 octobre, la présence du cardinal Fridolin Ambongo en Europe, présentée par RFI comme liée à des activités sans rapport avec la coalition, soulève une question : pourquoi associer son déplacement à une initiative politique dont il n’est pas annoncé comme participant ?

La plateforme d’opposition C64 entame une tournée européenne destinée à mobiliser des soutiens diplomatiques en faveur de l’organisation d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo. Première étape de cette démarche : Rome, où les cinq membres du présidium sont annoncés pour une rencontre consacrée à la clarification de leurs positions et à l’examen des principaux enjeux politiques du pays.

Dans un article publié le 25 octobre, Radio France Internationale (RFI) indique que les opposants souhaitent notamment échanger avec des représentants de l’Église catholique, dont l’implication dans les discussions autour du dialogue national en RDC est régulièrement évoquée.

C’est dans ce contexte que le média mentionne le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, en précisant que celui-ci se trouve également en Europe pour des activités officiellement sans lien avec le C64.

Pourquoi citer le cardinal Ambongo dans cette séquence politique ?

Cette mention mérite une attention particulière. À la lecture de l’article, rien n’indique que le cardinal Ambongo participe à la réunion du C64 à Rome, qu’il ait accepté de rencontrer la délégation ou qu’il soit associé à la tournée européenne de l’opposition.

Dès lors, une interrogation se pose : quel éclairage sa présence en Europe apporte-t-elle à l’information sur les démarches diplomatiques des opposants congolais ?

Le rapprochement peut s’expliquer par le rôle que l’Église catholique est susceptible de jouer dans la recherche d’une solution politique à la crise congolaise. Mais il convient de distinguer trois éléments : le déplacement du cardinal, les activités de la délégation du C64 et une éventuelle rencontre entre les deux parties.

En l’absence d’éléments établissant un lien direct, ces événements ne sauraient être présentés comme une initiative commune.

Un cardinal connu pour ses prises de position critiques

La personnalité du cardinal Ambongo donne également à cette mention une portée politique particulière. L’archevêque de Kinshasa s’est fait connaître par des prises de position publiques critiques à l’égard de certaines orientations des autorités congolaises, notamment sur la gouvernance, la situation politique et le respect des principes démocratiques.

Ses interventions lui ont conféré une place importante dans le débat public national, au-delà de ses responsabilités religieuses.

Toutefois, ses critiques du pouvoir de Félix Tshisekedi ne suffisent pas à établir une convergence politique avec le C64. Une proximité de certaines analyses ne signifie ni adhésion à une plateforme d’opposition ni participation à ses activités.

Il serait donc hasardeux de déduire de la seule présence du cardinal en Europe qu’il soutient la démarche des opposants ou qu’il prépare une action concertée avec eux.

Le C64 cherche des soutiens en Europe

Au-delà de cette question, la tournée européenne du C64 poursuit un objectif politique clairement annoncé : obtenir l’appui de partenaires internationaux pour pousser les autorités de Kinshasa à organiser, dans les meilleurs délais, un dialogue national inclusif.

Après Rome, la délégation prévoit de se rendre à Bruxelles pour des échanges avec des responsables de la diplomatie belge et de l’Union européenne, puis à Paris le 2 novembre. Des étapes à Madrid et à Londres sont également envisagées, sous réserve de confirmation.

Les opposants entendent notamment aborder les droits humains et la situation politique en RDC. Cette démarche vise à internationaliser leur revendication d’un dialogue national, dans un contexte où les positions sur les modalités et les conditions de ce processus restent un enjeu majeur.

Rédaction

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